
Ce bilan – entièrement pris en charge par la Sécurité Sociale – peut être réalisé au CERP (Centre d’Exploration et de Rééducation Périnéale), 104 avenue Parmentier.
Existe –t-il une classification après l'accouchement ?
Tout ce suivi peut être réalisé à Vinci - Mona Lisa. Lors de la visite post-natale, 6 à 8 semaines après votre accouchement, vous remplirez un bref questionnaire de « qualité de vie ». Ce questionnaire est très simple, comporte 6 questions qui permettront d’établir un score, et c’est ce score qui aidera votre praticien à vous orienter vers un bilan périnéal. En fonction de ces facteurs de risques, il est désormais possible de classer les femmes en trois groupes :
1er groupe : c’est un groupe qui ne présente aucun problème.
• 30% des cas
• Il regroupe les femmes qui ont accouché naturellement et qui n’ont eu aucun de ces facteurs de risque, ou celles qui ont eu une césarienne programmée.
A la visite post-natale, le gynécologue ou la sage-femme vérifie le périnée et ne constate aucune anomalie. La femme ne se plaint d’aucun problème particulier.
→ la rééducation est inutile, il suffit de re-tonifier le périnée en faisant régulièrement chez soi les exercices de contraction recommandés.
2e groupe : c’est un groupe qui présente un ou deux facteurs de risques ainsi que quelques signes cliniques de problèmes urinaires ou périnéaux.
• 40% des cas
• A la visite post-natale, on constate que les muscles du périnée et /ou du vagin n’ont pas repris leur fonction normale. Cette légère distension peut entraîner une incontinence ou des bruits d’air vaginaux (lors de la gym ou des rapports sexuels).
→ La rééducation est vivement conseillée, à raison de 10 à 15 séances, deux mois après l’accouchement.
3e groupe : dans ce groupe, les femmes cumulent plusieurs facteurs de risque.
• Le périnée a été fortement endommagé, ce qui provoque soit des bruits d’air vaginaux importants, soit une sensation de pesanteur abdominale associée à un prolapsus (descente d’organes), soit une forte incontinence urinaire.
• 30% des cas
→ Ces troubles se rééduquent de façon plus spécifique, après une série d’examens particuliers (bilan périnéal, examen radiologique, exploration urodynamique et échographie). Il est recommandé de s’adresser à un kinésithérapeute ou une sage-femme spécialisé en pathologie périnéale (ayant donc suivi des formations complémentaires à la prise en charge de cette affection). La rééducation dépasse alors largement les 10 séances classiquement prescrites. 20 à 30 séances, étalées sur un an.
Quelles méthodes de rééducation du périnée après l'accouchement ?
Au cours de la grossesse et d'un accouchement par voie naturelle, le périnée est mis à l'épreuve. Quelques séances de rééducation vous permettront d'éviter des problèmes ultérieurs, dont les plus courants sont les fuites urinaires.
Au cours de la visite post-natale, les gynécologues prescrivent désormais quasi systématiquement une dizaine de séances de rééducation périnéale, à effectuer
6 semaines à 3 mois environ après la naissance, en moyenne 2 mois environ.
La rééducation permet de retrouver un périnée indolore et tonique.
La rééducation périnéale concerne toutes les mamans qui présentent
- Une incontinence urinaire
- Une incontinence au gaz
- Un mauvais contrôle du périnée pendant les rapports sexuels
- Un prolapsus (descente d’organes)
Que faire après accouchement ?
Il ne faut pas attendre de connaître ces problèmes pour intervenir. D'où l'importance d'une rééducation préventive. La femme doit pour cela prendre conscience de son périnée et apprendre à le contrôler. Lors des cours de préparation à la naissance, elle apprend à relâcher les muscles du périnée, afin d'éviter toute lésion lors de l'accouchement.
Au cours de la visite post-natale, qui a lieu 6 semaines après la naissance, le médecin évalue l'état de la musculature périnéale. S'il le juge nécessaire, il prescrira une à deux séances de rééducation par semaine. La Sécurité Sociale rembourse à 100 % dix séances, qui sont effectuées avec une sage-femme ou avec un kinésithérapeute. La rééducation périnéale doit toujours précéder la rééducation abdominale, qui n’est pas systématique C'est pourquoi, dans les premières semaines suivant l'accouchement, il ne faut pas faire de sport provoquant des pressions abdominales ou porter des charges lourdes.
Rééducation active ou passive ?
Toutes les séances devraient débuter par un travail manuel : le toucher vaginal permet d'évaluer et de stimuler chaque faisceau musculaire du périnée. Le but est d'apprendre à contracter son muscle avant un effort afin de pouvoir résister à une pression abdominale. Les exercices effectués consistent à exécuter les contractions des muscles entourant le vagin et surtout le muscle releveur de l'anus.
La technique du biofeedback (rétrocontrôle) permet, au moyen d'une sonde vaginale associée à un signal sonore ou visuel matérialisant la contraction et le relâchement, d'améliorer la prise de conscience de phénomènes auparavant inconscients.
Si cette prise de conscience échoue, reste l'électrostimulation par une sonde vaginale, qui provoque des contractions rythmées. Lors des dernières séances de rééducation, quand le périnée a retrouvé sa tonicité, un travail abdominal peut enfin être effectué.
Est-ce que les femmes connaissent la rééducation périnéale ?
Quasiment toutes les femmes enceintes ont déjà entendu parler de la rééducation périnéale ; les sources de connaissance sont nombreuses et ont un poids différent selon que la femme a déjà eu des enfants ou non. Le corps médical est la principale source de connaissance des femmes enceintes ayant eu des enfants (95%). L'entourage et les brochures d'information jouent aussi un rôle.
Les femmes dont c'est la première grossesse sont d'abord informées par l'entourage (57%) puis le corps médical (53%). Les brochures d'information et les médias jouent un rôle plus important auprès d'elles qu'auprès des femmes ayant déjà eu des enfants (respectivement 42% et 26%).
C'est un sujet encore tabou pour la majorité : 62% des femmes enceintes n'en parleraient pas facilement. Dans le même temps, l'incontinence urinaire pourrait être facilement résolue pour la majorité d'entre elles (73%). Mais seulement 20% des femmes enceintes croient que l'incontinence disparaît après l'accouchement sans rien faire. Cette opinion est plus forte auprès des femmes dont c'est la première grossesse (29%) qu'auprès des femmes enceintes ayant déjà eu des enfants (13%).
Comment traiter une incontinence anale du post-partum ?
Le traitement repose sur la rééducation périnéale du post-partum. Cependant, celle-ci est rarement mise en pratique et les modalités de cette rééducation ne sont ni standardisées ni validées. C'est pourquoi, en cas d'incontinence anale, il est plus adapté de prescrire une rééducation spécifique de l'anus que réalisera un personnel (médecin, infirmier ou kinésithérapeute) motivé et spécialement formé à ce type de traitement. Cette rééducation sera associée à une régularisation du transit.
Exceptionnellement, en cas d'incontinence anale majeure, résistant au traitement médical, on pourra proposer un traitement chirurgical dont le but sera de réparer le sphincter anal lésé par l'accouchement.
Que pensez de la gymnastique abdominale ?
La plupart des accouchées dans les semaines qui suivent la naissance du bébé ont hâte de retrouver le ventre plat qu'elles avaient auparavant et demandent fréquemment à pouvoir réaliser des exercices abdominaux le plus tôt possible. Ces exercices sont fortement déconseillés avant d'avoir efficacement rééduqué le périnée: en effet tout effort d'hyperpression abdominale sur un périnée déficient constitue un facteur de risque pour les prolapsus. Il est donc recommandé d'attendre la fin de la rééducation périnéale pour reprendre les abdos. Si la personne qui vous prend en charge pour cette rééducation juge que votre périnée est devenu suffisamment efficace, les dernières séances pourront être consacrées à ces exercices abdominaux.
Dans les premiers temps, il est nécessaire de commencer cette gym après verrouillage périnéal. Il s’agit alors du programme Abdo/Périnée et non Abdo/Fessiers !
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