Peut-on déjà présenter des symptômes pendant la grossesse ?
Oui. C’est généralement au cours du troisième trimestre de la grossesse que peuvent apparaître ces symptômes tels que fuites urinaires à l’effort mais également des difficultés à retenir ses urines. Les augmentations de la fréquence urinaire avec des mictions de plus de 7 fois par jour sont « normales » et dues à l’augmentation du volume de l’utérus qui comprime la vessie.
Est-ce l’accouchement lui-même qui entraîne ces ennuis urinaires ?
C’est d’abord la grossesse en elle-même qui représente déjà un risque sur la continence, un risque associé à la grossesse pour la majorité des cas. 6 femmes enceintes sur 10 disent avoir été mises au courant - avant toute grossesse - des risques de fuites urinaires pendant la grossesse. Elles sont encore plus nombreuses (74%) à avoir été au courant des risques de fuites urinaires après l'accouchement. Mais si cette connaissance concerne la majorité, une part non négligeable des femmes reste à informer.
Les fuites urinaires : phénomène relativement répandu pendant
et après la grossesse ?
4 femmes enceintes sur 10 déclarent être touchées par l'incontinence urinaire pendant leur grossesse. Ce phénomène concerne davantage les femmes enceintes ayant déjà vécu des accouchements (50%) que celles concernées par leurs premières grossesses (29%). Les femmes enceintes ayant déjà eu des enfants sont 54% à avoir eu des fuites urinaires suite à leurs précédents accouchements. Il semble que le fait d'avoir eu des fuites prédispose à en avoir à nouveau en cas de nouvelle grossesse.
L'accouchement par les voies naturelles est-elle la première cause d'incontinence urinaire des femmes ?
Certainement car près de 50 % des jeunes mamans présentent une incontinence d'effort survenant juste après l'accouchement.
Les facteurs de risque de voir apparaître une incontinence urinaire sont :
- L'accouchement d'un premier enfant ;
- L'apparition d'une incontinence urinaire au cours du second trimestre de la grossesse ;
- Un accouchement avec une durée d’expulsion longue ;
- Une prise de poids supérieure à 13 kilos ;
- L'apparition d'une incontinence d'effort juste après l'accouchement ;
- Le poids du bébé qui dépasse 3,9 Kg ;
- Le périmètre crânien du bébé supérieur à 35,5 cm ;
- Une pression abdominale exercée lors de l'accouchement ;
- Traumatisme, lésions musculaires du périnée, épisiotomie ;
- A partir de trois accouchements par voie naturelle.
Quelles sont les conséquences de l’accouchement sur le périnée ?
Pendant la grossesse et au cours de l'accouchement, les tissus qui le constituent sont distendus et ont parfois du mal à retrouver leur tonicité initiale. Ce phénomène est d'autant plus important en cas de prise de poids importante, si l'accouchement a été long, ou encore si plusieurs grossesses se sont succédées sans rééducation. Le relâchement de ces tissus se traduit parfois par des pertes involontaires d'urine au cours d'un effort, d'une toux, d'un éternuement, d'éclat de rire, car la femme ne maîtrise plus correctement le muscle (sphincter) qui contrôle la vessie. Au niveau du vagin, ce phénomène de relâchement musculaire peut altérer la qualité des rapports sexuels, et dans les cas les plus graves aboutir à un prolapsus, c'est-à-dire une ptose des organes (relâchement des ligaments ou des muscles qui provoque la descente des organes) qui ne sont plus correctement maintenus. Il est notable que ces effets peuvent survenir de nombreuses années après la fin des grossesses, lorsque les effets de l'âge sur les tissus musculaires s'ajoutent à la distension ancienne liée à la maternité.
Peut-on avoir des problèmes d’incontinence anale après un accouchement ?
La fréquence de l'incontinence anale après un premier accouchement est de 13%. Elle ne concerne le plus souvent que les gaz même si 1 à 2% des primipares (patientes n'ayant accouché qu'une seule fois) n'arrivent pas à retenir les selles liquides. Ce chiffre peut sembler faible mais… rapporté aux 850.000 accouchements réalisés en France chaque année, cela fait entre 7 et 14.000 jeunes femmes souffrant d'une incontinence anale aux selles liquides.
L'étude princeps réalisée à Londres en 1993 avait fortement incriminé le premier accouchement comme étant le plus traumatisant pour le périnée. Nous savons maintenant que le deuxième l'est également mais qu'en revanche, il ne semble pas y avoir d'augmentation du risque d'incontinence anale après les autres accouchements.
L'incontinence anale post-obstétricale évolue au cours du temps. Il semble en effet que cette incontinence diminue en fréquence et en intensité au cours des mois qui suivent l'accouchement. Ainsi, une étude rapporte qu'après une déchirure périnéale importante, 21% des femmes souffraient d'une incontinence anale à un mois, ce chiffre tombant à 7% au bout d'un an. En revanche, il est probable que les accouchements traumatiques successifs provoquent des lésions irréversibles responsables d'une incontinence anale chez la femme d'âge mûr. Ainsi, 20 ans après un accouchement, le taux d'incontinence passe de 3% en cas d'accouchement non compliqué à 29% en cas de déchirure périnéale.