Qu’est ce que le périnée ?
Le périnée est l’ensemble des muscles, des ligaments, de la peau et des différentes muqueuses qui composent « le plancher » de votre bassin. C’est la raison pour laquelle on parle de « plancher pelvien ». D’ailleurs le terme anglo-saxon est très évocateur puisqu’il est nommé « pelvic floor ». Le périnée est donc l’ensemble des parties molles qui ferment en bas l’excavation du bassin.
Où se trouve t-il ?
Il a la forme d’un losange dont :
- la pointe avant part du pubis qui est un os que l’on peut sentir tout en bas du ventre, juste derrière la pilosité, à la naissance des cuisses.
- la pointe arrière est située sur l’extrémité du coccyx qui est un petit os que l’on peut percevoir en haut de la raie des fesses
- les deux pointes latérales se trouvent sur les ischions qui sont les deux reliefs osseux du bassin sur lesquels on s’assoie.
A quoi sert-il ?
Il a quatre rôles principaux :
- Soutenir les organes du petit bassin : la vessie en avant, l’utérus au milieu et le rectum en arrière
- Assurer la continence urinaire et anale à l’aide de muscles (sphincters) qui retiennent le passage de l’urine et des matières
- Se contracter automatiquement lors des efforts qui augmentent la pression vers le bas (amortisseur des pressions)
- Améliorer la qualité des rapports sexuels par la tonicité de la musculature du périnée.
L’incontinence urinaire: un sujet tabou ?
Cette pathologie est sous évaluée et sous diagnostiquée. L'incontinence urinaire est un sujet tabou pour toutes les femmes qui en sont victimes. Les femmes gênées, portant des protections, obligées d'aller aux toilettes plusieurs fois par jour et par nuit, ou ayant des fuites lorsqu'elles toussent, n'osent pas évoquer ces problèmes et culpabilisent. Ces anomalies représentent une véritable invalidité pour celles qui en sont les victimes.
Repérer le plus rapidement possible ces anomalies urinaires permettra d'aider les femmes qui en sont atteintes.
Un rapport sur l'incontinence urinaire remis en avril 2007 au ministre de la santé, montre qu'il serait idéal de rééduquer le périnée avant l'accouchement afin d'aider les femmes à prendre conscience de leur périnée avant qu'il ne soit modifié par l'accouchement ou par une épisiotomie.
L'incontinence urinaire : une forte gêne perçue, un sujet tabou qui disparaît facilement en passant à l'action ?
L'incontinence urinaire liée à la grossesse et à l'accouchement est synonyme de forte gêne pour les femmes enceintes : gêne personnelle quotidienne (92% d'accord pour « très gênant pour moi au quotidien ») et gêne sociale (79% d'accord pour « très gênant vis-à-vis des autres »). C'est un sujet encore tabou pour la majorité : 62% des femmes enceintes n'en parleraient pas facilement. Mais seulement 20% des femmes enceintes croient que l'incontinence disparaît après l'accouchement sans rien faire.
Contrairement à certaines idées trop souvent entendues, les fuites urinaires ne sont jamais normales. En l'absence de traitement, elles auront tendance à s'aggraver avec le temps. Donc, mieux vaut consulter dès leur apparition. Plus précoce sera la prise en charge, meilleur sera le résultat.
Il ne faut pas attendre que la vie de tous les jours soit perturbée. Si, au début, on s'en accommode plus ou moins bien, en évitant les situations "à risque" moins de sport, moins d'exercice physique, moins de sorties entre amis..., tout en étant obligée d'invoquer de fausses excuses, la vie personnelle et même professionnelle finit par être très perturbée. L'image de soi est quelquefois dévalorisée et peut modifier le comportement intime, ce qui n'est pas sans conséquence sur la vie de couple. On a alors tendance à réduire sa vie sexuelle par peur des pertes urinaires au moment des rapports.
Alors n'attendez pas, il existe toujours une solution pour améliorer ou récupérer totalement un bon fonctionnement urinaire.
Toutes les incontinences ne sont pas dépistées. Il faut donc oser en parler de vous-même à votre médecin généraliste ou à votre gynécologue même si cela n'est pas facile. Par un simple examen clinique, il saura mesurer l'importance et les causes de vos troubles. Si nécessaire, il pourra vous adresser à un gynécologue ou à un urologue spécialiste de la statique pelvienne. Dans la grande majorité des cas, aucune exploration urologique particulière ne sera nécessaire au début et le traitement se limitera à une rééducation périnéale. Si vous êtes ménopausée, un traitement hormonal (le traitement hormonal substitutif, qui compense la carence hormonale de la ménopause), associé ou non à un traitement oestrogénique local, peut également vous être proposé. Et, dans les formes les plus sévères, il existe des solutions chirurgicales.
On parle souvent de descente d’organes, de quoi s’agit-il exactement ?
La descente d’organes que l’on appelle médicalement le prolapsus génito-urinaire est une pathologie fréquente.
Les symptômes les plus fréquents sont :
- une pesanteur abdominale, ou lourdeur en fin de journée
- la sensation de la présence d’un corps étranger (une boule) au niveau du vagin
- des envies fréquentes d’uriner
- la sensation de ne pas vider parfaitement sa vessie
- des difficultés pour aller à la selle
- des douleurs dans les rapports sexuels.
Il existe un paradoxe : l’absence très souvent de fuites urinaires. En effet lorsque le prolapsus s’aggrave, la vessie présente alors une coudûre qui protège de la fuite. Donc si vous aviez présenté des fuites urinaires il y a quelques années, et qu’actuellement ce phénomène n’existe plus, ne vous réjouissez pas trop vite ; vous pouvez maintenant présenter un prolapsus !
Existe –t-il des facteurs de risques ?
En dehors de l’accouchement qui est certainement la cause la plus fréquente, on peut citer d’autres facteurs, tels que :
- Constipation chronique
- Obésité
- Infections urinaires récidivantes
- Excès de boissons à base de caféine et d’alcool
- Certains médicaments : diurétiques, antidépresseurs, antihypertenseurs, somnifères, myorelaxants
- Ménopause
- Chirurgie gynécologique ou urologique
- Maladies neurologiques (Parkinson, Sclérose en plaques, AVC, Alzheimer...). |