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Le traitement conservateur est défini comme toute thérapeutique qui ne concerne pas le traitement médical ou la chirurgie. Il comprend principalement, les modifications du style de vie et conseils d’hygiène de vie, les programmes d’entraînement des muscles du plancher pelvien, les thérapeutiques physiothérapiques (cônes vaginaux, biofeedback et électrostimulation).
Depuis 1980 où elle fût introduite en France et prise en charge par la sécurité sociale en 1985, elle a porté des appellations diverses telles que rééducation périnéale, rééducation uro-gynécologique, rééducation périnéo-sphinctérienne, rééducation vésico-sphinctérienne, rééducation uro-gynécologique et rééducation pelvi-périnéale pour se voir attribuer très récemment dans le JO du 16 mai 2006 l’intitulé suivant : « Rééducation périnéale active sous contrôle manuel et/ou électrostimulation et/ou biofeedback ». Dans les pays anglo-saxons, ce type de rééducation est nommé « Pelvic Floor Rehabilitation »).
Cependant, sur le plan pratique, il semble nécessaire de la diviser en deux parties distinctes
→ une rééducation musculaire qui intéresse les muscles du périnée et des sphincters qui se regroupe sous le terme plus général de « rééducation périnéale ou pelvipérinéale »
→ une rééducation urogynécologique qui regroupe toutes les autres techniques qui traitent les troubles du bas appareil urinaire allant de l’incontinence aux difficultés à vider la vessie, en passant par les envies fréquentes d’uriner, … »
Au cours des 15 dernières années, patientes et médecins ont porté un intérêt croissant au traitement conservateur. Dans presque tous les pays où des traitements sont mis en œuvre, il est aujourd’hui admis qu’ils représentent une mesure thérapeutique de première intention sûre, qui doit être appliquée avant d’envisager tout traitement chirurgical.
En quoi consiste cette rééducation périnéale ?
- Exercices personnels de contraction du périnée
Au cours des 50 dernières années, de nombreux auteurs ont décrit des exercices de renforcement du plancher pelvien. Le plus célèbre d’entre eux est sans doute le gynécologue-obstétricien américain Arnold Kegel qui a introduit cette technique de contractions volontaires des muscles du périnée dans les 1950. Ces exercices sont devenus célèbres et portent l’appellation dans tous le pays anglo-saxons de « Kegel’s exersises ».
Pour trouver vos muscles périnéaux, allongez-vous sur le dos, le genoux repliés et pas serrés.
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Exercices de contraction volontaire des muscles du périnée |
Contractez votre vagin et le sphincter anal (comme pour se retenir d’uriner ou retenir un gaz). L’abdomen, la face interne des cuisses doivent rester immobiles et l’ensemble du corps détendu.
La réussite de la technique nécessite de pratiquer les exercices soi-même régulièrement après les avoir suivis lors de séances spécialisées chez un thérapeute qualifié. De nombreux protocoles ont été décrits ; toutefois, on s’accorde aujourd’hui sur l’adoption de protocoles incluant trois séries de 8 à 12 contractions maximales lentes, chacune maintenue pendant 6 à 8 secondes, pratiquées trois à quatre fois par semaine pendant au moins 4 à 5 mois.
Une autre méthode courante permettant de localiser les muscles périnéaux consiste à arrêter l’écoulement de l’urine lorsque vous videz la vessie. Il est impératif, une fois cette pratique maitrisée de ne pas trop recourir à essais de « stop-pipi ». Très à la mode dans les années 8O, on s’est rendu compte que cela pouvait favoriser les infections urinaires pour les femmes qui déjà présentent de tels problèmes et de difficulté à vider la vessie pour celles qui présentaient un prolapsus.
Nous conseillons donc de le faire une fois par jour, toujours en début de la miction. C’est le seul exercice qui permet de mieux sentir la contraction sphinctérienne car le sphincter de l’urètre est le muscle qui assure la continence.
La rééducation manuelle réalisée par toucher vaginal à un doigt ou deux doigts du thérapeute, permet de prendre conscience de la localisation interne de cette musculature intravaginale. Elle permet une approche plus sensitive, on parle de proprioception et donne une information très spécifique à la femme de son périnée. Il est possible comme progression au cours des séances de modifier localisation de la pression digitale, la résistance, la durée et même la position de la patiente.
- Gymnastique périnéale ou programme d’entraînement du périnée
Ainsi que l’a décrit Kari Bø, Professeur de physiologie musculaire à Osolo, les deux principes majeurs du renforcement des muscles squelettiques sont l’hypertrophie et la spécificité. La spécificité est particulièrement importante dans le cas des muscles pelviens car 30% environ des femmes ont des difficultés à effectuer une contraction correcte au cours d’une première tentative. Les femmes contractent souvent des groupes musculaires par erreur lorsqu’elles essaient de contracter les muscles pelviens
(par exemple, les fesses, les cuisses et parfois même tout le corps !).
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Exercices de contraction volontaire des muscles du périnée |
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Réentraînement musculaire selon la méthode de Kari Bo |
Une autre erreur fréquente consiste à effectuer un effort par augmentation anormale de la poussée intra-abdominale. Aussi, il est important que les exercices de renforcement soient conduits par un instructeur spécialisé; en effet, celui-ci permet leur réalisation correcte et entretient la motivation de la patiente qui, ainsi, n’abandonne pas le programme d’exercices.
La spécificité est non seulement celle du groupe musculaire que l’on fait travailler, mais aussi celle du type de renforcement utilisé en fonction de la dysfonction et des symptômes. Par exemple, dans le cas d’une incontinence urinaire à l’effort, il est nécessaire d’obtenir une contraction volontaire maximale très rapide des muscles pelviens. Habituellement, les exercices des muscles pelviens sont effectués isolément, sans activité des muscles abdominaux ni des muscles des hanches. La gradation, ou progression, des exercices est aussi considérée comme importante car le fonctionnement du plancher pelvien en début de programme peut varier considérablement d’une personne à l’autre. On peut graduer les exercices en augmentant la durée des contractions ou le nombre de répétitions, ou en graduant la technique de contraction.
C’est donc un professionnel de santé, spécialisé dans la rééducation périnéale qui peut vous apprendre à contracter, maîtriser votre périnée.
Les cônes vaginaux ont été mis au point par Plevnik en 1985. Ce concept simple utilise un ensemble de cônes allant de 20 à 70gr à introduire dans le vagin. Lorsque la patiente se lève et marche, les cônes ont tendance à glisser hors du vagin, provoquant ainsi une sensation de « perte du cône » qui entraîne une contraction des muscles du plancher pelvien. Lorsque la patiente est capable de conserver le cône de 20gr en position intravaginale pendant 20 minutes, à deux reprises, elle doit alors utiliser le cône de poids immédiatement supérieur. Cette technique présente l’avantage d’obliger la patiente à ne contracter que les muscles du plancher pelvien, et non d’autres groupes musculaires, comme les abdominaux ou les fessiers, qui sont souvent contractés simultanément au cours des exercices de contraction volontaire des muscles du plancher pelvien.
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Cônes vaginaux sont des dispositifs intravaginaux allant de 20 à 90 grammes |
Biofeedback ou rétro-contrôle biologique
que signifie exactement
ces termes très techniques ?
Le biofeedback en général consiste en une prise de conscience objective d’une fonction physiologique non révélée au niveau de la conscience (par exemple le fonctionnement cardiaque, la respiration,…). Ce rétro-contrôle biologique est un processus qui recourt à des instruments pour détecter, mesurer et amplifier des réponses physiologiques internes dans le but d’apporter au sujet une prise de conscience et un contrôle volontaire de ces réponses. Cette correction naturelle se fait en montrant objectivement par l’utilisation de signaux visuels et auditifs. Il est préférable de considérer le biofeedback comme une approche d’un meilleur contrôle du fonctionnement musculaire plutôt qu’une réelle thérapeutique.
Le biofeedback en rééducation périnéale est un traitement très spécifique qui permet de restaurer le contrôle vésical en apprenant aux patients à moduler les mécanismes de leur continence.
Le biofeedback et réentraînement des muscles du plancher pelvien utilise le biofeedback par pression ou par enregistrement électrique par l'intermédiaire d'un dispositif intra-vaginal ou intra-rectal et des électrodes collées sur l’abdomen.
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Biofeedback avec pression pour traitement des troubles urinaires
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Grâce au biofeedback à plusieurs canaux, les patientes apprennent à contracter et/ou à relâcher sélectivement les muscles du plancher pelvien sans augmenter la pression vésicale ou la pression intra-abdominale. Un système assisté par micro-ordinateur fournissant un grand nombre de paramètres, permet d'adapter le traitement aux besoins spécifiques de la patiente, en particulier dans les activités quotidiennes.
Selon la principale plainte des patientes, les indications du biofeedback peuvent être divisées en trois classes : relâchement du plancher pelvien, incontinence d'effort vraie et incontinence par impériosité. Ces catégories réunissent la plupart des patientes traitées en ambulatoire pour des troubles du bas-appareil urinaire dans un centre de rééducation. Des enregistrements permettent d’objectiver les différentes étapes de la rééducation en fournissant des tracés.
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Tracé montrant des enregistrements des activités musculaires du périnée des muscles abdominaux. |
- Stade 1 : Prise de conscience des muscles du plancher pelvien
- Stade 2 : Renforcement musculaire
- Stade 3 : Contraction réflexe avec apprentissage du verrouillage périnéal à l’effort
- Stade 4 : Utilisation de nouvelles stratégies et automatismes dans les activités courantes.
On parle beaucoup de stimulation électrique :
est-ce douloureux ?
quand est-ce nécessaire ?
Des courants électriques sont utilisés à titre thérapeutique pour stimuler la contraction musculaire, généralement par le biais d'une activation des nerfs gouvernant les muscles.
La stimulation électrique est un traitement efficace de l'incontinence d'effort et de l'incontinence par impériosité. Cette technique se sert des voies naturelles et des réflexes mictionnels et son efficacité repose l'intégrité de l'innervation des muscles du plancher pelvien. La réponse musculaire au stimulus électrique dépens en grade partie des nerfs qui contractent les muscles. Après déchirures consécutives à un accouchement ou après une chirurgie urogynécologique, une intervention pour une sciatique, … les nerfs peuvent être endommagés temporairement ou définitivement.
L’électrostimulation du plancher pelvien provoque une contraction des muscles élévateurs de l’anus (faisceaux musculaires du périnée) et par conséquent, du muscle sphincter de l’urètre (celui qui assure la continence urinaire) ainsi que du sphincter de l’anus (celui qui retient les gaz). L’ensembles des appareils utilisés par les thérapeutes spécialisés répondent à des critères techniques particuliers pour traiter cette pathologie.
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Appareil de rééducation périnéale avec canal de stimulation. |
Il existe de très nombreuses sondes, disponibles sur le marché mais une évaluation précise des différences anatomiques individuelles permet au thérapeute spécialisé de choisir les sondes appropriées pour obtenir les meilleurs résultats.
Cette nouvelle technique de stimulation, venant des USA il ya une dizaine d’années, est répandue dans de nombreux pays (USA, Japon, Corée, Allemagne) mais très peu en France. Elle s’appelle stimulation magnétique mais est plus connue sous le nom de « fauteuil de stimulation ». Elle produit un champ magnétique variable dans le temps hautement dirigé pour pénétrer profondément dans le périnée.
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Champ magnétique hautement dirigé pour pénétrer profondément dans le périnée. |
Elle stimule de ce fait l’innervation des muscles du plancher pelvien. Ce sont les champs électromagnétiques pulsés générés par des courants électriques à haute tension. Elle ne nécessite pas de sonde, de préparation cutanée, ni de contact physique ou électrique avec la surface cutanée. La patiente, complètement vêtue, est assise sur un fauteuil contenant un électro-aimant contrôlé par une alimentation extérieure.
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La patiente, complètement vêtue, est assise sur un fauteuil contenant un électro-aimant contrôlé par une alimentation extérieure. |
Chaque séance dure environ 24 minutes et a lieu environ deux fois par pendant 8 semaines.
Les meilleurs résultats sont obtenus lorsqu’il existe une participation volontaire de la patiente au cours de la séance de stimulation passive et très confortable. Les contre indications sont représentées par le pace-maker, la prothèse métallique de hanche et le stérilet au cuivre.
Il est possible de pratiquer ses séances de rééducation à domicile et notamment par électrostimulation. Cette forme de rééducation date en France depuis 1986 mais avait été quelque peu oubliée. C’est très récemment qu’est apparu un nouveau stimulateur programmable sans fil (KEAT) et a remis fort heureusement ce mode de rééducation à domicile au goût du jour.
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Appareil d’auto-rééducation à domicile, type KEAT |
L’avis d’un thérapeute est conseillé avant l’usage d’un appareil d’auto-rééducation type KEAT. Sur le plan pratique, une fois la sonde introduite, vous devez ressentir une contraction ; si la contraction est mal perçue, augmentez l’intensité ; si vous ressentez des sensations de picotement ou douleurs, interrompez la stimulation.
Cette auto-rééducation est indiquée en cas de poursuite de la rééducation avec un thérapeute lorsqu’elle s’est avérée efficace ; en cas de faiblesse du périnée ou d’envies impérieuses après une intervention chirurgicale. 2 mois de traitement à raison de 2 séances de 30 minutes sont nécessaires pour obtenir un bon résultat.
Quels peuvent-être les exercices à pratiquer
en complément de l’utilisation de KEAT® ?
Réaliser quotidiennement des exercices de contractions volontaires des muscles du périnée en commençant par deux fois cinq minutes par jour, puis effectuer un certain nombre de contractions chaque jour (par exemple 50 contractions).
Lors de ces exercices :
- Alterner l’utilisation de contractions rapides, fortes (courte durée :
2 secondes) à des contractions lentes, prolongées (6 à 8 secondes).
- Modifier les positions en passant de la position couchée sur le dos (début des exercices), à la position assise (milieu), pour terminer en position debout.
Dès que les muscles du périnée sont devenus toniques et faciles à contracter, penser au « verrouillage périnéal avant effort » :
Réaliser une contraction périnéale toujours avant une augmentation de pression abdominale (par exemple lors d’éternuement, toux, sauts, port de charge…).
A la fin de votre traitement par KEAT® :
Un programme d’entretien (exercices de contractions volontaires du périnée à domicile) est à effectuer deux fois par semaine.
Conseils d’hygiène de vie et modification du style de vie,
commplément de la rééducation ?
La modification des comportements représente une option thérapeutique pour les personnes souffrant d’incontinence urinaire (IU). Modifier les comportements d’un patient, son environnement, son mode de vie peut atténuer ou réduire les symptômes d’incontinence,. Cette modification du comportement repose sur l’apprentissage de nouvelles facultés et stratégies destinées à éviter les fuites urinaires et autres symptômes. Ces interventions incluent des modifications du style de vie (par ex., arrêt de la consommation de tabac, perte de poids, élimination des irritants alimentaires de la vessie, absorption suffisante de liquide, régulation intestinale, modération de l’activité physique, exercices physiques), programmes mictionnels (par ex., changement des habitudes, miction volontaire), rééducation vésicale.
Dans certains pays, le renforcement des muscles pelviens (à l’aide de méthodes telles que la technique du biofeedback, les cônes vaginaux et l’électrostimulation des muscles pelviens) font partie intégrante de cette approche.
Tabagisme
Une augmentation de la pression intra-abdominale survient dans le cas de pathologies pulmonaires, telles que l’asthme, l’emphysème et la toux chronique, souvent présentes chez les fumeurs. Le tabagisme en particulier accroît le risque d’apparition de toutes les formes d’IU, en particulier l’IU à l’effort. Une toux prolongée violente et fréquente peut augmenter la pression de poussée sur le plancher pelvien.
Obésité et perte de poids
L’obésité (OB) est un facteur de risque indépendant du développement de l’incontinence urinaire (IU) chez les femmes. Un poids corporel excessif, mesuré spécifiquement par le diamètre sagittal abdominal, affecte la pression vésicale. L’incontinence urinaire à l’effort accompagnée d’OB peut être secondaire à des augmentations de la pression intra-abdominale (PIA) sur la vessie et à une plus grande mobilité urétrale.
L’augmentation de la PIA explique également le taux plus élevé de prolapsus génito-urinaires chez les obèses. Actuellement, peu d’informations permettent de savoir si la perte de poids peut résoudre l’incontinence chez les femmes modérément obèses. Étant donné la forte prévalence de l’incontinence et de l’obésité chez les femmes, une perte de poids doit être recommandée comme composante d’une prise en charge conservatrice et d’une modification du comportement pour les femmes obèses souffrant d’IU. Ceci peut être un objectif raisonnable et réalisable pour de nombreuses femmes.
Habitudes alimentaires et gestion des apports liquidiens
Il est possible de diminuer les fuites urinaires, l’impériosité et la fréquence mictionnelle en modifiant certaines habitudes alimentaires, notamment la gestion des apports liquidiens, la restriction de la consommation d’irritants de la vessie. Les patientes présentant des symptômes d’IU et d’hyperactivité vésicale peuvent s’inscrire dans un comportement de consommation de liquide excessive ou restrictive. Il est important d’apprendre à chaque patient qu’une absorption adéquate de liquide est nécessaire pour éliminer les irritants de la vessie et éviter ainsi une incontinence urinaire.
Si ces personnes sont atteintes d’IU, elles doivent diminuer leur absorption liquidienne. L’heure de la consommation des boissons peut être importante chez les personnes atteintes de nycturie (se lever plus de deux fois la nuit). Pour diminuer la nycturie due à la consommation de boissons principalement dans la soirée ou pendant le dîner, la personne doit réduire le volume absorbé après 18h00 et consommer ces boissons le matin ou pendant l’après-midi.
Influence des facteurs d’irritation sur la vessie
Le type de liquides et d’aliments consommés a son importance. La caféine dérivé, facteur irritant de la vessie est un excitant du système nerveux central qui atteint ses pics de concentration sanguine 30 à 60 minutes après ingestion, La caféine, a un effet excitant sur la vessie conduisant à l’impériosité mictionnelle et à l’augmentation de la fréquence mictionnelle après ingestion. La caféine se trouve à l’état naturel dans les grains de café, les feuilles de thé, les fèves de cacao et se trouve dans les boissons comme les sodas (par ex., Pepsi ou Coca-cola) ainsi que dans les aliments et les confiseries contenant du chocolat au lait. L’alcool a aussi un effet diurétique principalement le vin blanc et le champagne.
La patiente doit être encouragée à consommer des boissons et des aliments sans caféine ou à les éliminer afin de vérifier que l’impériosité ou la fréquence mictionnelle diminue (ne pas dépasser les 100 mg par jour).
Amélioration du transit et de la constipation
Étant donné que la constipation chronique et que la poussée peuvent contribuer à l’IU à l’effort et au prolapsus génito-urinaire, une modification du comportement alimentaire devrait aider les personnes souffrant de constipation et devant produire une forte poussée abdominale pour évacuer les selles.
La fonction intestinale peut également être améliorée en instaurant un horaire d’évacuation des selles de sorte que la patiente puisse tirer avantage du besoin pressant d’aller à la selle. Il convient de conseiller au patient de ne jamais ignorer la sensation de besoin d’aller à la selle.
Facteurs d’environnement : activités physiques
L’exercice physique est une autre composante du mode de vie associée au déclenchement de l’IUE chez les femmes jeunes et en bonne santé. L’incontinence urinaire est fréquente chez les athlètes de haut niveau , les femmes militaires ou de nombreuses sportives, et ce principalement à l’entraînement. Les activités physiques à forts impacts augmentent la force appliquée sur les muscles du plancher pelvien et dérèglent un mécanisme de continence par ailleurs sain. Les sports comme la gymnastique et le basket-ball produisent une augmentation brusque de la pression intra-abdominale, à l’origine de l’IUE .
Les activités les plus susceptibles de provoquer une incontinence sont le saut, la course et les impacts au sol.
Toute activité physique qui entraîne une perte urinaire ou une ptose de la paroi vaginale, doit être prise en considération dans le programme de réentraînement musculaire . Sans un protocole de rééducation mis en œuvre en position debout et qui place la patiente dans les réalités de la vie quotidienne, toute rééducation s’avère inefficace et sans intérêt dans la pathologie évoquée et explique les très mauvais résultats après de nombreuses séries de rééducation…
- Réduire les apports de liquide
(ne jamais dépasser plus de 2 litres par jour).
- Réduire la consommation de caféine surtout pour les personnes qui boivent de grandes quantités de café ou de thé.
- Diminuer la consommation de chocolat ainsi que les boissons avec édulcorants de synthèse.
- L’élimination de l’un ou de plusieurs des aliments
suivants peut améliorer le contrôle vésical : alcool, vin blanc, champagne, bière, aliments épicés, boissons gazeuses, jus d’agrumes.
Quelle quantité de boisson boire par jour ?
- Boire normalement environ 1,5 l d’eau par jour.
- Répartir tout au long de la journée en privilégiant les moments où l’on sait que l’accès aux toilettes dans les heures qui suivent sera aisé.
- Diminuer l’apport de liquide le soir.
- Boire beaucoup sur une courte période peut créer une sensation de besoin d’uriner impérieux (urgence mictionnelle).
- Boire trop peu concentre les urines et peut être à l’origine d’infections urinaires.
Comment gérer les mictions ?
Apprendre à observer et noter votre rythme mictionnel sur un calendrier :
- Combien de fois urinez-vous ?
- Combien de temps en moyenne entre 2 mictions ?
- Combien de fois vous levez-vous la nuit ?
Quelles règles simples appliquer ?
- Aller uriner systématiquement avant de se coucher.
- Tenter d’allonger le temps entre 2 mictions progressivement de 15 minutes en 15 minutes.
Que faire d’autre ?
- Traiter la constipation.
- Traiter les infections urinaires.
- Arrêter de fumer.
- Réduire l’excès de poids.
- Limiter les facteurs de risque qui augmentent la pression abdominale comme porter des charges lourdes, monter les escaliers, tousser…
On m’a prescrit une rééducation comportementale ?
La rééducation vésicale est une modalité de traitement utilisée non seulement dans le cadre des envies impérieuses, mais aussi en cas d'incontinence mixte.
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Posture caractéristique d’une femme ayant une forte envie d’uriner (signe de la serrure). |
La rééducation vésicale est une forme de thérapie comportementale lors de laquelle une patiente "ré-apprend" à inhiber une contraction de la vessie ou une sensation de miction impérieuse.
Un événement émotionnel fort survenu au cours de la vie de la patiente peut être le déclencheur initial de ces symptômes mictionnels.
La rééducation vésicale se justifie par le fait qu'elle vise à faire prendre conscience à la patiente de son problème et sollicite sa participation au traitement par le biais d'une thérapie comportementale établie selon un régime structuré.
On va vous demander de respecter un calendrier mictionnel ou catalogue mictionnel (i.e., miction toutes les heures : la patiente ne doit pas uriner pendant les intervalles, elle doit se retenir ou être incontinente). L'intervalle entre chaque miction est augmenté progressivement, de 30 minutes par exemple, lorsque le but initial est atteint.
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Rééducation comportementale à partir d’un calendrier urinaire. |
Le processus est ensuite répété.
Il faut boire en quantité normale et établir un tableau indiquant les volumes des liquides ingérés et des mictions. L'augmentation des volumes mictionnels à intervalles de plus en plus espacés a l'effet d'une récompense de renforcement.
Il est peut-être nécessaire, par exemple, de fixer un intervalle mictionnel initial court chez les femmes présentant une grande fréquence mictionnelle ou celles qui ne sont pas très sures d'elles.
En cas de fuites urinaires importantes,
que proposer ?
Les appareils utilisés dans la prise en charge de l’incontinence urinaire à l’effort fonctionnent selon divers mécanismes :
Soutien intravaginal du col de la vessie
Blocage des fuites urinaires par occlusion du méat uréthral ou au moyen d’un insert intra-uréthral.
Les obturateurs urétraux sont des prothèses minces remplies de liquide qui ressemblent à de petits tampons. Lorsque inséré, l'obturateur bloque l'urètre de manière à prévenir les fuites. Les bouchons sont stériles et jetables. Pour uriner, il suffit de retirer le bouchon et d'en remettre un autre après la miction.
L'obturateur doit être ajusté par un professionnel de la santé. Bien qu'ils procurent une protection pratique contre l'incontinence, les obturateurs urétraux peuvent augmenter le risque d'infection urinaire, notamment pendant la première semaine d'usage. Ils ne vous conviendront intolérante aux antibiotiques ou que vous subissez un traitement anticoagulant.
Dans certains cas, l'incontinence est causée par un prolapsus pelvien (descente d'un organe) qui exerce une pression sur la vessie. Le basculement d'un organe dans le bassin peut, en effet, interférer avec la fonction vésicale et provoquer des mictions fréquentes. Le pessaire est un dispositif que l'on insère dans le vagin pour redresser un prolapsus de l'utérus ou de la vessie et prévenir ces symptômes. Les pessaires sont faits de silicone ou d'une autre matière plastique. Plusieurs formes et grandeurs sont disponibles, dont certaines ressemblent à un diaphragme.
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Différents type de pessaires avec occlusion urétrale. |
Le pessaire doit être ajusté par un professionnel de la santé. Une fois l'ajustement fait, vous pourrez l'enlever et le réinsérer vous-même.
Les pessaires doivent être lavés régulièrement avec de l'eau et du savon. La fréquence de lavage nécessaire varie d'une marque à une autre, mais peut aller de tous les quelques jours à deux semaines. Souvent, le même pessaire peut être porté pendant plusieurs mois s'il est entretenu comme il faut.
Plusieurs types de pessaires sont conçus pour se maintenir dans le vagin lors des rapports sexuels. N'oubliez pas d'aborder cette question avec votre médecin. Si votre pessaire vous cause de l'inconfort, vous devriez consulter votre médecin. En plus d'accroître le risque d'infection, ce dispositif peut provoquer une irritation ou des ulcérations de la paroi vaginale.
Protections absorbantes
Les produits absorbants, qui représentent la majorité des dépenses dans les aides et produits contre l’incontinence, peuvent être classés en quatre catégories : les alaises et les protections pour fuites urinaires, dont il existe pour chacune une version à usage unique et une version réutilisable (lavable) prévue pour pouvoir être lavée en machine et réutilisée de nombreuses fois.
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Matériels absorbants. |
La préférence personnelle des utilisatrices concernant le matériau du voile de surface et le pouvoir d’absorption intégrale doit être soigneusement prise en compte lors du choix des produits. Les culottes réutilisables peuvent généralement être stockées dans un espace plus réduit que les jetables. Le choix d’une protection ou d’un produit approprié en vue de parvenir à la continence sociale implique de prendre en considération son efficacité d’absorption des urines ou des selles, sa facilité d’utilisation, sa discrétion et son prix, sans perdre de vue les habitudes des patientes .
Pour conclure, l’avis de l’expert
Au cours de ces dernières années, diverses techniques de rééducation du plancher pelvien se sont imposées dans le traitement des symptômes de la pathologie pelvi-périnéale et des troubles du bas appareil urinaire. Elles sont aujourd’hui régulièrement prescrites. Elle a connu un engouement que personne n’aurait pu prévoir. Recommandée en France, quasi systématiquement dans le cadre du post-partum, très souvent avant intervention, sa vulgarisation risque prochainement de lui faire perdre ses lettres de noblesse. Il est donc nécessaire de procéder à une bonne sélection des patientes et de les confier à des professionnels de santé qualifiés, comme il est de règle dans de nombreux pays.
Etant donné les excellents résultats obtenus, ces dix dernières années, par la pose de bandelettes sous-urétrales pour traiter l’IUE, on est en droit de se demander quelle est encore la place de la rééducation ? Il paraît inutile de poursuivre plus de 10 séances sans amélioration et d’orienter alors la patiente vers une intervention non invasive. Cependant, en cas de femme à risque périnéal (activités professionnels ou sportives), il est recommandé de prévoir quelques séances de rééducation post- opératoire pour apprentissage du verrouillage périnéal.
En cas d’ IU par mictions impérieuses (urgenturie), il est possible d’alterner un traitement médical à un traitement rééducatif s’il y existe des effets secondaires dus à la prise d’anticholinergiques.
Enfin, bien conduit ce traitement conservateur doit donc s’envisager comme une approche multidisciplinaire aussi bien médicale que paramédicale.
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